Notre Harmonii

Plutôt que de trouver un article vous présentant les grandes lignes de notre harmonii, nous avons choisi d’écrire une histoire imaginaire, pour mieux en dévoiler toute son essence …. bon voyage !



(Ne vous embêtez pas à lire la suite si l’audio ci-dessus vous suffit, car le texte est identique.)

La légende d’Harmonii

Lorsque je suis née, mes parents ont décidé de m’appeler Harmonie. Mon prénom témoigne de leur reconnaissance envers les premiers habitants de notre île.  C’est donc ici, sur l’île d’Harmonii, que j’ai grandit. Depuis toute petite, j’adore me balader seule le long de la mer. À l’heure où le soleil se couche, les couleurs y sont magnifiques. J’y recherche les plus beaux coquillages. Et parfois je leur confie mes secrets les plus intimes.

Comme à chaque printemps, c’est bientôt la fête de l’Harmonii. Elle célèbre une légende née sur cette île :

« Les premiers habitants avaient un doux rêve. Celui de vivre ensemble en harmonii. Dans l’équilibre, le partage, l’écoute et l’accueil. Mais un jour, un terrible ouragan menaçait l’île et son secret de vie. Alors, ses habitants, comme dernier souffle avant un long voyage, ont transmit tous leurs secrets d’Harmonii aux coquillages. Et ces derniers ne dévoilent leurs secrets, qu’à celles et ceux, ayant à cœur de les entendre. »

Je m’apprête à rejoindre mes amis sur le port d’Harmonii : Hubert, un ami d’enfance avec qui j’ai fait les 400 coups ; Jeanne, incontournable binôme de mes sorties à bicyclette ; et Marc, mon cousin. On s’est lancé un défi pour la fête de l’Harmonii : jouer ensemble sur la scène du vieux port ! Marc est un excellent guitariste, il use savamment de son talent pour attirer l’attention des filles. Jeanne et Hubert, sont tous les deux violonistes depuis leur plus jeune âge. Enfin, moi, Harmonie, j’ai toujours mon harmoniica sur moi. On n’avait jamais joué ensemble, mais on s’admirait les uns les autres. Et on se disait qu’un jour, cela serait encore plus magique d’harmoniser nos instruments. On était vraiment enthousiastes à cette idée.

Nos premières discussions sont intenses, on s’imagine déjà sur la scène. Nos énergies sont tellement joyeuses et légères, que rien ne pourra stopper notre élan de création. On improvise alors un premier morceau. Les débuts sont prometteurs et une certaine harmonie se met en place. Puis tout à coup, tout bascule, tout se désaccorde. Nos oreilles sifflent, malgré tous nos efforts à se synchroniser. Nouvelle tentative, en vain. Puis vient le silence. Juste le bruit du vent claquant les mats des bateaux accostés. Nos regards se croisent, plein d’incompréhension et de questionnement. L’air est soudain lourd et chacun y va de son interprétation. Personne ne s’écoute et le port assiste à un chaos étourdissant.

Encore abasourdie par ce moment passé avec mes amis, j’enfourche ma bicyclette et prend la direction de la plage. Je n’arrive pas à me détacher de ce que je viens de vivre. Je me revois encore figée devant la prestance de Marc. Il commence à se prendre pour le chef d’orchestre et cela m’agace. Mais je ne dis rien. De toute façon, cette fête de l’Harmonii perd de ses couleurs d’année en année. Il y a de moins en moins de monde et la légende est bien loin d’être au coeur des festivités. Alors à quoi bon s’entêter avec une musique qui va détruire mes liens d’amitié.

Encore dans mes pensées, je perds l’équilibre et prends mon envol pour m’étaler de tout mon corps sur le sable. Etendue au sol, je me sens lourde, encore assommée par ma chute. Tout proche de moi, une voix me chuchote :

« Ecoute ton cœur, c’est ta meilleure intuition ».

Troublée, j’observe autour de moi. Je suis seule, la plage est déserte. Le soleil s’apprête à finir sa course dans la mer, la lumière est splendide. En me tournant sur ma gauche, un coquillage magnifique fait face à mon visage. Ses couleurs sont vives, orangées, dorées, reflétant le soleil couchant. Sa coque, parfaitement dessinée, est fermée et sans aucune trace que la mer, parfois déchaînée, aurait pu laissé. Je tends alors mon bras pour le ramasser, et je le serre dans la paume de ma main. A nouveau, la voix revient :

« Ose vivre avec authenticité, cela éclairera ton chemin ».

Etait-ce la fameuse légende de l’île d’Harmonii ? Ou un simple rêve ? Peu m’importe, je ne suis pas d’humeur à philosopher. Je repose le coquillage et reprends le chemin vers ma maison familiale.

Plusieurs jours ont suivi, et à quelques heures de retrouver le groupe, cette petite voix ne m’a toujours pas quitté. Elle résonne en moi et me questionne sur ce que j’ai envie de vivre. C’est difficile d’être face à moi, de m’écouter. Allongée sur mon lit, je me connecte à la joie que j’ai eu d’embarquer dans cette aventure. Alors, je commence à me sentir légère, rayonnante, vivante. Je  sautille et parcours toute la maison avec joie. J’ai envie d’embrasser mes amis, de jouer de l’harmoniica encore et encore. Rien ne me semble plus important que de m’amuser et de rire sur scène avec mes amis. Je me laisse bercer par cette vision, qui m’éclaire et enlève la plupart de mes doutes.

Emportée par mon élan de vie, pleine de joie et d’assurance, je monte sur mon vélo et part à toute vitesse rejoindre mes amis. Dès notre rencontre, je leur témoigne toute l’énergie qui est en moi : cette envie de m’amuser, d’être ensemble et de me laisser porter par la création. Durant deux heures, rien ne m’arrête. Je rie et m’amuse de tout. Quelle joie d’être soi-même ! Je me sens vraiment soulagée. Ce partage avec mes amis est une vraie libération.

Mais au moment de partir, un pincement au cœur me sort de ma légèreté. Dans le regard de mes amis, je sens que quelque chose ne va pas. Naïvement, je leur demande pourquoi. Et en guise de réponse, je ne reçois que soupirs et salutations à se retrouver le lendemain. Mais que s’est-il passé ? Après avoir vécu ce moment de joie et de connexion à moi, je me retrouve perdue face à mes amis. Je n’y comprends plus rien.

Je me souviens alors du coquillage et de cette voix me murmurant à l’oreille. Il faut absolument que je le retrouve, j’ai besoin d’aide. Sur le chemin, une angoisse monte. Et s’il n’existait pas ? Et si ce coquillage n’était qu’une illusion ? Assez !!!! Je me concentre sur la route, déterminée à le retrouver.

Par chance, il est encore là, exactement au même endroit. Comme si rien n’avait bougé. En m’approchant, je le vois de plus en plus rayonnant, encore plus coloré que dans mes souvenirs. Je le prends dans le creux de ma main. Et il s’ouvre lentement, laissant apparaître son intérieur blanc, pure et délicat. J’attends patiemment, jusqu’à entendre cette douce voix me murmurer :

« L’essence d’un groupe se trouve dans l’écoute, l’équilibre et la connexion. Découvre ce qui vit en chacun de vous. ».

Cette réponse fait écho en moi et je revois la scène de cet après-midi défiler. Mais comment m’y prendre ?

Au petit matin, je me réveille après une nuit agitée. Je croise alors mon frère pour le petit-déjeuner : « Bon matin ! Tu ne devineras jamais ce qui vient de m’arriver ? ». Je lui confie alors ma découverte du coquillage. Les secrets d’Harmonii qu’il m’apporte et mon envie de découvrir tout ce que nos ancêtres nous ont intimement laissé. Je lui montre même le coquillage que j’ai emporté avec moi. Mais aucun murmure ne se fait entendre. Mon frère, très concentré sur son bol de céréales, me regarde avec des yeux rieurs et me dit : « une légende reste une légende, un point c’est tout ! ». Aucun mot ne me vient. Je suis déçue et ne comprends pas pourquoi il n’est pas plus curieux. Comme si pour lui, cette légende n’est qu’un doux rêve, et que cela doit le rester pour tous ceux qui l’entourent.

Dépitée, je prends la direction de ma chambre. Tel un flash, je revois alors la réaction de Jeanne, Hubert et Marc, lorsque l’on s’est quitté hier. Je retourne embrasser mon frère pour le remercier et part hâtivement rejoindre mes amis.

Alors que je retrouve mes trois complices, je n’ai qu’une idée en tête. Comprendre ce qu’ils ont vécu hier et apprendre ce qu’il est important pour eux de vivre. Marc nous partage son envie de réussir ce morceau, pour espérer trouver la femme de sa vie, lors de la fête. Tandis que Jeanne et Hubert, souhaitent que cette expérience les motive à créer la première école de musique sur l’île. Je leur partage à mon tour mon envie d’avoir du fun sur scène. Et que cela me tient aussi à cœur de montrer aux habitants de l’île, que la légende de l’Harmonii n’en est pas une. Que l’on peut créer et vivre ensemble, dans une belle symphonie.

C’est d’ailleurs le moment que je choisis pour leur confier les murmures du coquillage. Ainsi que tout le cheminement que j’ai parcouru depuis. Je le leur dévoile dans le creux de ma main, leur demandant le plus grand silence pour entendre ses murmures. A nouveau, aucun son ne sorti du coquillage. J’argumente alors que celui-ci a sûrement besoin de la plage, pour mieux murmurer ses secrets. Hubert, incrédule, me demande si j’ai bien dormi cette nuit. Je suis démunie, découragée. Jeanne et Marc, intrigués, proposent de se rendre à la fameuse plage. De ce fait, nous partons tous à l’endroit où je l’ai trouvé la première fois. Arrivés sur la plage, nous nous asseyons en cercle et déposons le coquillage dans le creux de nos mains réunies. Quelques secondes passent. Puis le coquillage scintille et s’ouvre devant nos yeux enchantés, glissant un doux murmure :

« Vivre en Harmonii nécessite d’ouvrir votre vision du monde, donnant naissance à un nouvel univers. Votre présence à vous, la place que vous faites à l’autre, ainsi que votre intention de créer ensemble, en sont les clés essentielles. »

Tout prend vie dans l’instant présent. Accueillir ce qui est, ce qui vit. S’ouvrir à l’autre, avec douceur et authenticité. Sans vouloir changer le moindre mot, geste ou ressenti. La création à plusieurs est un art subtile et délicat, qui demande confiance, écoute, et ajustements. Et l’intention d’amour à laquelle nous nous connectons, en est l’ultime secret.

À ce stade de l’histoire, nous décidons de laisser libre place à votre inspiration du moment, pour imaginer la suite. Votre suite. Une fin d’histoire qui ne marquera, quelle qu’elle soit, que le début d’une autre histoire. A écrire avec un nouveau projet ou un nouveau groupe d’amis. C’est la beauté de la vie, rien n’est jamais figé, encore moins ce que l’on croit avoir acquis.

Comme Harmonie, nous rêvons de cette légende. Celle du temps où les personnes vivent cette joie, cette envie de créer avec les autres. Où chacun se sent à sa place, dans un subtile équilibre collectif. Harmonie, par son expérience, rend vivant ce qui est parfois endormi au fond de nous. Elle veut vivre avec légèreté et en connexion. Et si finalement, autour de nous, se trouvaient pleins d’Harmonie, qui, à leur niveau, essayent de grandir et de contribuer à cette vie collective ?

Etre en perpétuelle création de nos vies, de nos relations, dans l’accueil de ce qui se vit juste là, maintenant. C’est ce qui nous anime, nous, Ève & Alex, créateurs d’Harmonii. Ce blog est le fruit de nos échanges et notre vie à deux au quotidien. Il est pour nous la poursuite de nos cheminements, en quête de cette Harmonii que nous souhaitons vivre à chaque instant. S’écouter, suivre ses intuitions et parfois, savoir s’effacer pour faire place à l’autre. Pour le voir briller et s’illuminer davantage. Cela est un fragile équilibre qui se vit à l’intérieur de nous. Et qui par moment, demande à s’extérioriser pour aller de l’avant, pour se dépasser dans l’envie de voir plus grand. Car ensemble, on va plus loin.

En toute simplicité et avec beaucoup d’amour, nous vous souhaitons de belles découvertes sur ce blog.

Eve & Alex